"we're like skies when the stars recline"
Jedi Mind Tricks
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Une constatation tourne insidieusement dans ma tête depuis quelques jours: je n'ai aucune passion. Je m'intéresse à beaucoup de sujets, globalement n'importe quoi qui me paraît mériter de l'attention, mais rien ne me captive vraiment. J'aime plusieurs films, de nombreux livres, quelques séries télévisées. Je regarde un peu de sport, je m'intéresse à ce qui se passe dans le monde. Mais rien ne me passionne vraiment, ne me laisse l'impression de devoir être partagé, rependu, promu autour de moi. J'aime ce qui touche à la nourriture, c'est vrai, mais je me contente d'en rester là. Bien que j'entreprenne des études dans le domaine de l'hôtellerie, je le fais plus pour la philosophie qui entoure l'école que pour la matière en elle-même.
Une première explication à ce phénomène serait que de n'être spécialiste de rien, de ne rien prétendre connaître vraiment, évite que les autres soient déçus de constater que l'on ne possède pas autant de connaissances qu'ils le pensaient. Au contraire, on emmagasine un potentiel de ressources dont les autres ne se doutent pas en prétendant ne rien connaître.
Cette théorie se met bien en parallèle avec un concept qui me plait beaucoup, énoncé par Kierkegaard dans l'une de ses œuvres, à savoir le fait de privilégier la candeur philosophique - à comprendre comme la capacité à effacer tout préjugé, toute connaissance passée, pour être le plus neutre possible face à une nouvelle thèse - à la connaissance.
Ceci expliquerait d'une part les conséquences de la peur du jugement des autres, dont j'avoue volontiers être la victime, comme tout être humain vivant dans une société occidentale, et d'autre part la volonté de rester objectif et ouvert en tout temps.
La question que je me pose est de savoir dans quelle mesure cette conception atteint ses limites. A partir de quel moment est-on restreint dans ses possibilités?
On pourrait énoncer l'idée que cette manière d'agir revient à ne jamais vraiment prendre parti, or je crois que ce n'est pas directement lié. On peut n'être spécialiste en rien, ne pas préjuger un concept à partir de ce que l'on connait déjà - ou du moins tenter de ne pas le faire au-delà de ce qui est utile car la compréhension même d'un concept passe par l'utilisation de nos connaissances - sans toutefois refuser de partager une opinion déterminée. Je pense avoir une position très claire sur la plupart des sujets que j'étudie, cela n'empêche pas que je vais la considérer comme une opinion personnelle et n'essayerai pas de l'imposer aux autres en regard du fait que je pense qu'elle soit objectivement valable.
Ceci dit, il reste un point altérant la clarté de cette réflexion; ma capacité à appliquer les concepts suscités varie en fonction de la connaissance personnelle de mon interlocuteur quand au sujet traité. Si je me sens inférieur, au niveau des connaissances, par rapport à mon interlocuteur, j'aurais tendance à formuler mes opinions avec beaucoup plus de prudence, alors que si je me sens en supériorité intellectuelle, j'aurais tendance à prendre beaucoup plus de liberté d'opinion. Mais bon, cette dernière constatation s'explique, je crois, facilement par l'habitude de débattre et de jauger de la qualité de mon interlocuteur afin de savoir comment aborder sa réflexion de la meilleure manière pour l'amener à comprendre mon point de vue.
En conclusion à cette petite tirade nocturne, je dirais que la conception d'"expert" me parait fausse dans la mesure où l'on ne peut vraiment s'autoproclamer comme tel en étant sincère avec soi-même. Aussi, son contraire n'est pas une limite en soi tant que cela ne nous empêche pas de formuler nos opinions et que cela ne devient pas une excuse pour ne pas s'intéresser plus amplement au sujet que l'on traite.
Une première explication à ce phénomène serait que de n'être spécialiste de rien, de ne rien prétendre connaître vraiment, évite que les autres soient déçus de constater que l'on ne possède pas autant de connaissances qu'ils le pensaient. Au contraire, on emmagasine un potentiel de ressources dont les autres ne se doutent pas en prétendant ne rien connaître.
Cette théorie se met bien en parallèle avec un concept qui me plait beaucoup, énoncé par Kierkegaard dans l'une de ses œuvres, à savoir le fait de privilégier la candeur philosophique - à comprendre comme la capacité à effacer tout préjugé, toute connaissance passée, pour être le plus neutre possible face à une nouvelle thèse - à la connaissance.
Ceci expliquerait d'une part les conséquences de la peur du jugement des autres, dont j'avoue volontiers être la victime, comme tout être humain vivant dans une société occidentale, et d'autre part la volonté de rester objectif et ouvert en tout temps.
La question que je me pose est de savoir dans quelle mesure cette conception atteint ses limites. A partir de quel moment est-on restreint dans ses possibilités?
On pourrait énoncer l'idée que cette manière d'agir revient à ne jamais vraiment prendre parti, or je crois que ce n'est pas directement lié. On peut n'être spécialiste en rien, ne pas préjuger un concept à partir de ce que l'on connait déjà - ou du moins tenter de ne pas le faire au-delà de ce qui est utile car la compréhension même d'un concept passe par l'utilisation de nos connaissances - sans toutefois refuser de partager une opinion déterminée. Je pense avoir une position très claire sur la plupart des sujets que j'étudie, cela n'empêche pas que je vais la considérer comme une opinion personnelle et n'essayerai pas de l'imposer aux autres en regard du fait que je pense qu'elle soit objectivement valable.
Ceci dit, il reste un point altérant la clarté de cette réflexion; ma capacité à appliquer les concepts suscités varie en fonction de la connaissance personnelle de mon interlocuteur quand au sujet traité. Si je me sens inférieur, au niveau des connaissances, par rapport à mon interlocuteur, j'aurais tendance à formuler mes opinions avec beaucoup plus de prudence, alors que si je me sens en supériorité intellectuelle, j'aurais tendance à prendre beaucoup plus de liberté d'opinion. Mais bon, cette dernière constatation s'explique, je crois, facilement par l'habitude de débattre et de jauger de la qualité de mon interlocuteur afin de savoir comment aborder sa réflexion de la meilleure manière pour l'amener à comprendre mon point de vue.
En conclusion à cette petite tirade nocturne, je dirais que la conception d'"expert" me parait fausse dans la mesure où l'on ne peut vraiment s'autoproclamer comme tel en étant sincère avec soi-même. Aussi, son contraire n'est pas une limite en soi tant que cela ne nous empêche pas de formuler nos opinions et que cela ne devient pas une excuse pour ne pas s'intéresser plus amplement au sujet que l'on traite.
